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Créer son entreprise : avant ou après avoir quitté son job ?

Faut-il créer son entreprise avant ou après avoir quitté son travail salarié ? Comment faire le meilleur choix, d'un point de vue de la stratégie d'entreprise, de l'administratif et d'un point de vue financier, pour réussir sa création d'entreprise ? Focus sur les critères à prendre en compte pour entrer dans l'entrepreneuriat dans de bonnes conditions. Un article & podcast de J'aime la paperasse #entrepreneuriat #businesstips

 

La plupart des entrepreneurs passent par le salariat avant de lancer leur activité indépendante. Déjà, il faut reconnaître que c’est souvent « la suite logique » quand on quitte l’école. À part pour certains métiers, on ne se pose même pas la question de se mettre à son compte. Et si on l’envisage, on sera vite découragé par tous les avis qui diront : c’est trop tôt, fais d’abord ton expérience, c’est trop risqué, etc.

Honnêtement, je pense que c’est souvent préférable de se faire une première expérience en tant que salarié pour se rendre compte de la réalité du monde du travail, de gérer la relation avec ses clients ou avec des collaborateurs, d’avoir une première notion des chiffres, etc.

Mais ce n’est pas le sujet. La question, c’est que du coup, beaucoup de personnes sont salariées au moment où elles envisagent de créer leur entreprise, et ça suscite pas mal d’interrogations. Donc aujourd’hui, on va s’arrêter sur une question en particulier : est-ce qu’il est mieux de créer son entreprise pendant qu’on est encore salarié, ou de quitter son travail pour créer son entreprise ?

Cet article est également disponible en version audio sur cette page et sur toutes les plateformes de podcast (Suis ton flow).

 

 

Il n’y a pas de réponse absolue

 

Comme souvent en matière d’entrepreneuriat, il n’y a pas de réponse parfaite qui colle à toutes les situations. Donc je ne vais pas te dire que c’est mieux de lancer ton activité indépendante avant ou après avoir quitté ton job.

Ce serait hyper pratique pour toi, mais ce serait un mensonge.

Par contre, je vais te donner quelques critères qui t’aideront à faire ton choix. Parce que c’est une vraie question à se poser et qui peut déboucher sur un véritable choix stratégique.

 

 

Les restrictions du cumul d’activité

 

C’est probablement le critère le plus évident, mais il faut tout de même le rappeler. Dans la plupart des situations, tu es libre de créer ta micro-entreprise – ou n’importe quelle autre forme, il peut s’agir d’une société – même si tu es salarié(e).

Mais il faut quand même te poser les questions et vérifier que ton contrat de travail ne s’y oppose pas. En sachant que même si tu as une limitation à cause d’une clause d’exclusivité, en règle générale tu as quand même le droit de lancer ton activité indépendante et donc de faire une entorse à cette clause pendant un an. Le temps donc de tester ton projet et prendre une décision sur la suite de ta vie professionnelle.

Par contre, si tu es fonctionnaire, c’est très différent. Le principe, c’est que le cumul n’est pas possible, et l’exception c’est que tu peux quand même créer ton entreprise mais c’est très encadré.

Dans la plupart des cas, tu dois d’abord obtenir une autorisation de cumul et même passer à temps partiel. Du coup, c’est forcément plus compliqué. Difficile mais pas impossible, parce que ça a été mon cas pendant 2 ans comme beaucoup d’autres fonctionnaires.

En tout cas, pour le fonctionnaire, ça ne se fait pas du jour au lendemain si on veut faire les choses dans les règles.

 

 

 

La sécurité financière pendant la création d’entreprise

 

J’ai beau aimer ma famille de tout mon cœur, je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche. Toi non plus ? Bon, alors c’est un critère important à prendre en compte dans ton projet.

On connaît tous des exemples d’entreprises qui ont bien décollé rapidement, mais il faut bien reconnaître que ce n’est pas du tout la généralité. Habituellement, le démarrage est plutôt progressif et les revenus ne sont pas du tout en corrélation avec le travail fourni. Mais ce n’est pas mauvais signe, il ne faut surtout pas le prendre comme un échec, c’est parfaitement normal !

L’inconvénient, c’est que pendant ce temps, il faut bien continuer à vivre et à assumer ses charges.

 

Globalement, on peut dire qu’il y a trois stratégies sur l’aspect financier :

  • Se lancer plus ou moins sans filet et se fixer ainsi un ultimatum pour générer suffisamment de chiffre, avec une grosse pression et une motivation décuplée.
  • Se lancer progressivement en conservant un revenu parallèle, quitte à réduire son temps de travail en passant à temps partiel pour pouvoir mieux développer son activité.
  • Assurer ses arrières avec une belle épargne pour tenir pendant un certain temps même si l’entreprise ne marche pas tout de suite : c’est un peu la solution intermédiaire, qui fixe un ultimatum mais plus lointain donc avec plus de précaution.

Il n’y a pas de bon ou mauvais choix. Il faut juste être cohérent entre ta situation actuelle, ton projet, et l’aspect financier.

Si tu as des charges importantes de logement, des crédits, des enfants, etc. tu ne feras pas forcément les mêmes choix que si tu gères seul(e) et que tu es prêt(e) à faire certains sacrifices si ton plan ne se déroule pas aussi bien que prévu.

De la même façon, tu ne raisonneras pas pareil si ton projet est d’offrir des prestations de services et que tu peux mettre en œuvre ton activité très rapidement et commencer à gagner de l’argent, ou si ton projet implique le développement d’une application par exemple, donc des mois de préparation.

En tout cas, il vaut mieux réfléchir à cette question et faire ses choix en toute conscience parce qu’on a besoin d’argent pour vivre, et c’est un facteur fondamental dans une stratégie d’entreprise.

 

 

 

Partager son temps et son cerveau

 

Cumuler deux activités, c’est se dédoubler. On pense bien sûr au temps : pendant que tu travailles dans une activité, tu ne peux pas t’occuper de l’autre. Donc c’est autant de temps en moins pour t’occuper de ton entreprise, et c’est parfois très difficile à gérer.

Parce que tu aimerais avancer beaucoup plus vite et tu te sens limité(e).

Parce que tu as des impératifs et tu peux te sentir trop souvent sous pression.

Parce que tu te retrouves à travailler le soir et le week-end en plus de ta journée de travail, avec la fatigue et la culpabilité de ne pas être assez présent(e) pour tes proches.

 

On y pense moins de prime abord, mais c’est une certaine gymnastique du cerveau aussi. Se mettre dans le peau d’un salarié qui exécute son travail la journée, et dans la peau d’un entrepreneur qui prend toutes les décisions et doit tout créer en partant plus ou moins de zéro.

C’est aussi palpitant qu’une vie de super-héros qui se transforme la nuit, et parfois on a un peu l’impression de virer à la schizophrénie et d’être deux personnes différentes, qui se placent dans des postures qui n’ont tellement rien à voir l’une avec l’autre !

Bon, là je ne cite que des inconvénients donc ça peut sembler catastrophique, mais heureusement, la réalité est généralement plus nuancée.

 

En tout cas, c’est quelque chose qui fait une certaine différence selon le moment où tu lances ton entreprise : est-ce que tu vas consacrer tout ton temps et ton énergie à ton projet, ou seulement le temps qu’il te reste après ton travail ?

Il faut bien avoir conscience que quand on est en cumul d’activité, on ne peut pas fournir autant de travail que lorsqu’on a une activité unique, et donc il vaut mieux l’accepter et adapter sa stratégie plutôt que d’avoir des attentes en décalage avec notre réalité et finir soit épuisé(e) soit découragé(e).

 

 

 

L’accès aux aides à la création d’entreprise

 

Dernier point et pas des moindres, on finit sur un aspect administratif qui peut faire une énorme différence dans un projet. C’est la question du statut de demandeur d’emploi qui crée son entreprise.

Le fait de lancer ton activité indépendante n’a pas d’impact sur le montant global de tes droits en matière d’allocation chômage (ou plutôt allocation au retour à l’emploi).

Mais il y a tout de même certaines conséquences.

 

Par exemple, quand on décide de créer sa micro-entreprise en 2021 comme en 2020, pour pouvoir bénéficier de l’ACRE, c’est-à-dire de la réduction de cotisations sociales pour le début d’activité, il faut remplir un critère parmi une liste très limitée. Et le critère principal, c’est le statut de demandeur d’emploi indemnisé.

Dans ce cas, le fait de créer sa boîte après avoir quitté le salariat permet de bénéficier d’un coup de pouce financier pour développer l’activité. À condition bien entendu que ce départ ouvre droit à l’indemnisation en tant que chômeur, donc en général c’est suite à un licenciement ou à une rupture conventionnelle.

 

Autre exemple, le fait de lancer son activité alors qu’on est encore salarié, puis de devenir demandeur d’emploi, permet de percevoir la totalité de son allocation mensuelle en complément du chiffre d’affaires généré par l’entreprise qu’on a créée.

Cette fois-ci, il est donc plus favorable d’anticiper sa création d’entreprise et de fonctionner pendant au moins un mois ou deux avec les deux activités.

 

En fait, même sur ce point, il n’y a pas de solution idéale mais tu dois faire le choix qui te semble le plus adapté pour toi. Simplement, c’est plus facile de choisir quand tu connais les différentes options, leurs avantages et leurs inconvénients.

 

D’ailleurs, j’ai constaté que certains de mes apprenants modifiaient leur projet pendant la formation, parce qu’avec les différents éléments qu’ils découvrent sur l’aspect administratif et financier, ils se rendaient compte qu’il était préférable d’anticiper ou au contraire de reculer leur création d’entreprise.

En tout cas, j’espère que les différents points que nous avons vus aujourd’hui t’aideront à mieux préparer ta création d’entreprise.

 

En complément de cet article, tu peux télécharger le kit de lancement, un ebook plein de conseils sur l’administratif pour créer ta micro-entreprise, mais pas seulement !

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