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De fonctionnaire qui s’ennuie à entrepreneure : mon parcours

 

L'entrepreneuriat est un vrai parcours du combattant quand on est fonctionnaire : difficile de créer son entreprise, compliqué de quitter la fonction publique... Je présente sans filtre mon parcours de fonctionnaire devenue entrepreneure. Podcast & article de blog de J'aime la paperasse #jaimelapaperasse #entrepreneuriat

Créer son entreprise quand on est fonctionnaire : retour sur mon parcours et sur les difficultés que rencontrent les fonctionnaires en reconversion. Cet article de blog est une transcription de l’épisode de podcast « De fonctionnaire qui s’ennuie à entrepreneuse épanouie », disponible sur cette page et sur toutes les plateformes de podcast. Tu peux donc profiter de sa version audio intégrale !

 

Pour le retour des articles de blog et des épisodes de podcast, j’ai réservé une parution spéciale avec des informations que je n’ai jamais révélées publiquement. Et donc pour cette occasion, aucun sujet ne pouvait être plus approprié que celui-ci : de fonctionnaire morte d’ennui à entrepreneuse épanouie. Tout un programme !

Episode spécial racontage de life, avec ENFIN une liberté de parole qui m’a tant manqué.

 

 

Un premier choix de carrière

 

Si tu ne connais pas du tout le monde de la fonction publique, de ses concours, des mutations et autres joyeusetés, tu vas découvrir quelques facettes de l’envers du décor. Car oui, l’emploi à vie a des contreparties assez… particulières.

Tout a donc commencé en 2010. Fraîchement sortie des études, je me rends bien compte que l’expertise comptable ce ne sera pas mon truc, mais la fiscalité et la gestion d’entreprise, ça me plaît bien. Et là, je me dis : pourquoi pas le métier d’inspecteur des impôts ?

C’est parti pour les concours et hop ! Contrôleur puis inspecteur l’année d’après, deux années de formation pour ensuite faire des contrôles de comptabilité dans les entreprises. Enfin, ça c’était en théorie.

 

Plus de 300 voeux pour éviter deux choses : vivre en Ile-de-France et travailler dans un service des impôts des entreprises. Devine quoi ? J’ai atterri en Ile-de-France dans un service des impôts des entreprises. Bien joué l’artiste !

Eh oui… Quand on est fonctionnaire d’Etat, on ne choisit réellement ni son poste ni sa localisation ! Et le détail qui tue : une année de formation bien rémunérée = un engagement de 8 ans au service de l’Etat.

 

 

Un apprentissage unique

 

Après la déception, la réalité. Quand on n’a pas un tempérament de leader, qu’on n’y aspire pas du tout, avec en plus un physique qui fait paraître encore plus jeune que mes 24 ans « à l’époque », il y a des postes difficiles à occuper.

Sauf que je me retrouvais propulsée à un poste d’encadrement et soutien technique, face à une équipe de 20 personnes. Pas le choix, il fallait apprendre, se former, et s’affirmer.

J’ai eu la chance de tomber sur une super équipe, une chef au top et en plus un binôme avec qui partager cette aventure. Et finalement, ça a été des années très riches en apprentissage d’un point de vue professionnel bien sûr, mais aussi humain tout simplement !

C’est là que j’ai appris énormément sur les rouages de l’administration et la gestion du dossier d’une entreprise « de l’autre côté du miroir ».

C’est aussi là que j’ai appris à mieux me positionner, à prendre des décisions, à gérer mon planning et celui d’une équipe, à suivre et coordonner l’avancement des travaux… Côté organisation et relations humaines, c’était vraiment intéressant !

 

 

Le début de la fin

 

Donc là, tu te demandes peut-être pourquoi je n’y ai pas fait carrière, si je m’y plaisais tant. Eh bien… D’abord, j’ai besoin d’être challengée régulièrement pour ne pas m’ennuyer. Mais j’aurais pu évoluer dans ma carrière de fonctionnaire.

Sauf qu’entre temps, une pause maternité a tout changé. La perspective de faire des trajets de plusieurs heures de voiture par jour avec un bébé à la maison, c’était impensable.

Coup de bol, j’ai obtenu ma mutation pour travailler près de chez moi ! Mais là, douche froide : autre travail, autre ambiance, autres perspectives. J’ai vite compris que l’épanouissement professionnel ne serait pas possible.

 

Donc c’était soit des trajets insupportables soit un travail qui me rendait malade. Quel choix !!

Nouvelle pause maternité. Le fait de se retirer du monde professionnel pendant quelques mois et de se consacrer à sa vie familiale, il n’y a pas mieux pour se poser des questions existentielles.

À quoi ça rime tout ça ? Passer une vie à aller au travail à reculons ? Faire des choses qui n’ont aucun sens à mes yeux, vivre dans l’immobilisme (tu sais, quand tout le monde sait que ça ne fonctionne pas, que tout le monde le subit, mais que rien ne change), dans l’ennui le plus profond ?

Je ne veux pas cracher dans la soupe, et ça peut très bien convenir à certains. Mais clairement, ce n’était pas fait pour moi !!

 

 

Entreprendre sur le web : une révélation

 

Une des choses qui m’ont marquées dans mon expérience dans l’administration, c’est le nombre d’entrepreneurs qui ignoraient tout ou presque du système administratif. Avec des conséquences plus ou moins désastreuses.

Ce n’était pas normal !

 

Voilà comment ce blog a démarré : expliquer avec des mots simples et compréhensibles comment l’administratif fonctionne, et les bases que tout entrepreneur devrait avoir quand il se lance.

Et je n’exagère pas quand je dis que ça m’a sauvée. Un projet à construire, un nouvel univers, de la passion, se sentir utile, échanger avec d’autres personnes dans ce même état d’esprit, bouger, créer, avancer, vivre !

L’entrepreneuriat m’avait toujours intéressé sous différentes approches : celle du comptable, celle de l’administration, pourquoi pas celle de créer ma propre entreprise, mais je ne savais pas quoi faire.

Et puis, ça a fini par être une évidence car j’adore apprendre et transmettre, et j’ai des compétences intéressantes !

 

 

Fonction publique et entrepreneuriat : un véritable frein

 

Tout aurait pu être simple finalement, je lance ma boîte, je vois ce que ça donne et je gère en fonction. Mais non… L’emploi à vie et ses contraintes, tu te rappelles ?

Le fonctionnaire est tellement lié à son travail, qu’il n’a pas le droit d’exercer une autre activité. Mais comme c’est un peu extrême, ils ont prévu tout un cadre pour que tu aies quand même une chance de faire autre chose de ta vie.

Là, ça demande du courage et de la bonne volonté côté employeur. Pour quasiment toutes les activités, il faut une autorisation : d’activité accessoire, de cumul avec une création d’entreprise, de temps partiel…

Allez, encore 3 ans à tirer… C’est parti pour la création d’entreprise, je fais ma demande !

 

Alors, évidemment, quand on est inspectrice des impôts et qu’on veut créer une entreprise qui touche à l’administratif, il y a tout un protocole, avec passage en commission de déontologie pour être sûr que ce sera compatible avec mes fonctions, etc.

Sauf que… des fonctionnaires qui créent leur entreprise, ce n’est pas si courant. De galère en galère, j’ai mis quasiment un an à obtenir mon autorisation. Ouf, la machine était enfin lancée !

 

 

Quand le choix s’impose

 

J’ai déjà parlé des contraintes particulières de l’emploi à vie ? Ah ben ce n’est pas fini !

J’ai obtenu l’autorisation de créer mon entreprise en tant que fonctionnaire mais avec certaines réserves vu mon poste sensible (normal !), et avec une limite de temps : maximum 3 ans, ensuite il faut faire un choix.

Bon… ce n’était pas un problème pour moi, puisque je cherchais une porte de sortie de toute façon ! Mais ce qu’on ignore, c’est que même quand on veut partir, ce n’est pas si simple !

On ne pose pas sa démission, on la demande. Eh ouais ! Et l’administration peut mettre des mois à répondre. Bien sûr, c’est géré par des humains, donc ça peut très bien se passer… ou pas.

 

Tant qu’à faire, autant partir dans les meilleures conditions, alors j’ai tenté la rupture conventionnelle. Sauf que des fonctionnaires aussi pressés de partir, il n’y en a probablement pas beaucoup, et le dispositif est tout juste en train de se mettre en place.

Après des tâtonnements, un oui, suivi d’un non, suivi d’un oui (il faut avoir le cœur bien accroché !!), voilà. On y est. Aujourd’hui, 16 octobre 2020, j’ai fait mon dernier jour de travail en tant que fonctionnaire.

Après 2 ans à gérer mon entreprise à côté de mon emploi salarié dans la fonction publique, en plus de mes enfants qui sont encore tout petits mine de rien, la lumière au bout du tunnel : on tourne une page pour passer à l’entrepreneuriat à 100 %.

Alors je dédie cette victoire à tous ceux qui m’ont soutenu pendant cette période qui n’a pas été simple, à mes clients de la première heure, aux abonnés, lecteurs et auditeurs de J’aime la paperasse. À la vôtre !

 

 

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