Le vrai coût de la micro-entreprise

Micro-entreprise : c'est vraiment gratuit ? Pas tout à fait... Article de J'aime la paperasse #argent #microentreprise #autoentrepreneur

 

On dit toujours que la micro-entreprise est gratuite. Alors oui, les formalités administratives de création sont effectivement gratuites mais sauf exception (et encore, je demande à voir !), toute création d’entreprise a un coût. Puisque je préconise une bonne préparation plutôt que l’improvisation totale en matière d’entrepreneuriat, nous allons voir quelques charges qui t’attendent pour ta future activité.

 

 

1 | Les démarches administratives

 

Ce n’est pas une erreur mais j’insiste sur ce point : les formalités de création de la micro-entreprise sont vraiment gratuites, même quand elle entraîne une inscription au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire de métiers.

Il n’existe pas non plus de formalité d’inscription à un quelconque registre de TVA qui serait payante, donc si tu reçois ces charmants courriers après avoir créé ton entreprise, la meilleure chose que tu puisses faire c’est les mettre à la poubelle. Ou les brûler, c’est bien aussi (mais il est toujours un peu risqué de jouer avec le feu).

Donc à ce niveau là, aucun problème, tout est effectivement gratuit. Profites-en, tu auras besoin d’argent pour le reste.

 

 

2 | Le matériel : un investissement qui s’impose

 

Si certaines activités peuvent s’exercer avec un ordinateur et un téléphone, d’autres vont nécessiter du matériel dont on ne dispose pas forcément à la maison. Et très vite… Eh bien ça a un coût !

Même quand on travaille comme moi avec un ordinateur, est-il adapté ? Peut-être auras-tu besoin d’investir dans un ordinateur de bureau ou au contraire dans un portable ?

Ou dans des accessoires divers et variés : une webcam, un micro, un appareil photo, une tablette graphique, un smartphone…

Dans tous les cas, il faut penser à l’investissement initial si besoin, mais aussi au renouvellement du matériel.

 

 

3 | Un site Internet, ce n’est pas vraiment gratuit

 

On a tous le réflexe de se renseigner sur le web pour découvrir une entreprise, et un site Internet reste une belle vitrine et un moyen de se faire connaître notamment via les moteurs de recherche.

Et là tu peux te dire que si tu t’en occupes toi-même, c’est bon c’est free. Après tout, WordPress.org est bien gratuit !

Oui mais non. L’hébergement, le thème, les plugins… Tu peux optimiser le coût au maximum mais dès que tu veux monter en performance ou gagner du temps, tu dois mettre un peu la main au porte-feuille.

 

Pour te donner un exemple concret, d’après un calcul rapide, mon site 100 % fait par mes soins (sauf mon nouveau logo réalisé par Coralie, qui sera dévoilé prochainement) me coûte une bonne centaine d’euros par an et surtout… de nombreuses heures de travail. Autant d’heures que je n’ai pas consacrées à une autre activité.

Et ce n’est qu’une partie du coût de ma présence en ligne, car cela n’inclut pas les différents outils ou formations que j’ai pu payer.

 

 

4 | Ces toutes petites charges qui s’accumulent

 

Quel est le point commun entre Netflix, un ticket de métro et un café ? Ça ne coûte pas grand chose de façon individuelle, et ça se répète… très régulièrement. C’est si bien réparti en petites sommes récurrentes que tu es sans doute incapable de dire combien ça te coûte chaque mois ou chaque année du tac au tac (OK ça marche moyen pour l’abonnement à Netflix).

C’est un peu pareil quand tu lances ton entreprise. Une petite formation par ci, un petit abonnement par là, un nouvel outil trop pratique, et tu ne vois même pas tout l’argent que cela finit par représenter.

Autant que possible, chiffrer ces charges avant de te lancer te permettra de te faire une idée du coût de ton entreprise, car le chiffre d’affaires ne correspond absolument pas au revenu final qui ira dans ta poche.

D’autres frais n’apparaîtront qu’une fois ton activité lancée, et évolueront en même temps que ton projet donc il est important de garder à l’esprit qu’une marge de trésorerie est nécessaire pour le bon développement de son entreprise.

 

 

5 | Les cotisations sociales, impôts et taxes

 

On ne peut pas parler de coût de la micro-entreprise sans évoquer les cotisations sociales et les impôts !

Il faut compter un taux de 12,8 à 22 % pour les cotisations (sans compter les réductions de taux des 3 premières années d’activité grâce à l’ACRE), auquel il faut ajouter 1 à 2,2 % pour les impôts.

Et la CFE (cotisation foncière des entreprises) en novembre-décembre à partir de la deuxième année d’activité, ne l’oublions pas.

Donc pour une activité libérale qui a passé le cap des trois ans, il faut enlever quasiment un quart de charges sur le chiffre d’affaires encaissé. Et là, tu n’as pas encore payé les investissements et autres charges !

 

 

6 | Les prestataires

 

Quand on commence son activité, on gère un maximum de choses soi-même en général, pour réduire le coût, apprendre et tout maîtriser.

Il arrive un moment où on est dépassé :

  • par manque de compétences (on ne peut pas être expert dans tous les domaines…) ;
  • par manque d’intérêt, autant se consacrer à des choses qui apportent de la valeur ;
  • par manque de temps, puisque les journées font toujours 24 heures malgré la to-do list qui s’allonge.

Très souvent, la solution sera de faire appel à un professionnel pour se débarrasser des tâches qui posent problème, et forcément ça a un coût.

Ce que l’on oublie parfois quand on réfléchit à ce coût par contre, c’est que le temps et l’énergie économisés, et la qualité de la prestation réalisée par un spécialiste, peuvent nous faire gagner de l’argent en contrepartie en générant plus de chiffre d’affaires ou en dégageant du temps que l’on peut consacrer à son métier. C’est donc à voir comme un investissement qui peut s’avérer très rentable.

 

 

7 | Le temps

 

Ce point peut paraître un peu tiré par les cheveux : le temps, ça ne s’évalue pas directement en argent, ça ne s’achète pas ?!

Eh bien… Si.

L’investissement en temps, c’est d’abord dans le sens le plus littéral parce que lancer une entreprise demande un investissement personnel et c’est extrêmement chronophage, surtout au début.

Et aussi, de façon plus indirecte. Le temps que tu consacres aux tâches administratives par exemple, certes est indispensable, mais ne génère pas de chiffre d’affaires en lui-même. Remplir de la paperasse ne te fait pas avoir plus de clients, même si tu t’appliques avec ta plus belle écriture.

Et de façon encore plus indirecte : tu as besoin d’argent chaque mois pour vivre. Donc plus tu mets du temps à développer des revenus suffisants, plus ton entreprise te coûte parce que tu devras piocher dans ton épargne pour te consacrer à une activité qui ne te rémunère pas.

 

 

8 | La formation

 

Finissons avec un point qui n’est pas des moindres : le coût du savoir.

Même lorsque tu as déjà un certain bagage de connaissances au moment où tu lances ton entreprise, il y a forcément un moment où tu as intérêt à te former : pour ton cœur de métier, pour développer de nouvelles compétences, pour la gestion de ton entreprise, pour travailler ta communication, pour apprendre à mieux vendre… Le champ des possibles est illimité !

La formation a un coût non négligeable qu’il faut vraiment voir comme un investissement. C’est un moyen efficace de se maintenir à jour, d’apprendre à faire mieux ou de gagner du temps plutôt que de chercher partout des bribes d’informations plus ou moins fiables distribuées gratuitement.

Je n’ai pas calculé exactement, mais entre les petites formations en ligne et les formations plus « consistantes », mon budget annuel de formation se compte en millier d’euros, et si c’était à refaire, je ne changerais pas grand chose ! Tant pour ce que j’ai appris directement des formations elles-mêmes que pour la démarche de l’investissement qui aide à prendre conscience de la valeur de son propre travail.

 

Cette liste n’est pas exhaustive, mais peut déjà t’aider à faire tes plans en ayant bien conscience que l’argent est au centre de toute entreprise pérenne.

 

 

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